Traductrice, éditrice, romancière, nouvelliste et dramaturge, Natalia Ginzburg a laissé un gigantesque souvenir littéraire et politique de l’Italie antifasciste, preuve intime et historique d’un monde disparu rendu éternel.
Avec
- Paola Agosti Photographe, fille de Giorgio Agosti qui dirigea le Partito d’Azione, groupe de résistance au nazisme à Turin
- Marino Sinibaldi Homme de radio à la Rai Tre (télévision publique italienne)
- Walter Barberis Ancien salarié de la maison d’édition Einaudi à Turin
- Isabella Checcaligni Éditrice, créatrice des éditions Ypsilon à Paris
- Geneviève Brisac Normalienne, agrégée de lettres, éditrice et écrivaine
- Martin Rueff Professeur de littérature française à l’Université de Genève, traducteur de l’italien, poète, philosophe
Quel est le destin des jeunes filles en fleurs de l’Italie fasciste ?
Traductrice de Proust, Maupassant ou Vercors, Natalia Ginzburg commence par conter les pincements au cœur et au corps de ses sœurs d’âmes.
La guerre est cette pliure à partir de laquelle elle embrasse les destins des hommes autour d’elle. Son père, ses frères, son mari, ses amis.
Se faisant, Natalia Ginzburg apparaît, passeuse d’un monde éternisé grâce à elle, celui du quotidien des intellectuels antifascistes turinois du début du siècle et dans la tourmente du nazi-fascisme. Ils sont contés à travers l’expérience de sa présence au monde, à elle, fille, jeune femme, mère, amie, écrivaine, compagne de route de la maison d’édition de Giulio Einaudi qu’ils ont créée ensemble et qu’ils ont fait grandir.Lors de la remise du prix Strega en 1963, le monde littéraire italien fête un livre unique, moderne, surprenant tant il bifurque et virevolte à travers le destin de la famille de son autrice. Son titre : Lessico famigliare / Les mots de la tribu. On le dit polytechnique, on parle d’intelligence physiologique, sont convoqués non seulement les techniques d’écritures mais les sujets traités, au plus près des sensations, qui s’élèvent immédiatement à des conclusions parfois absurdes, parfois géniales des personnages : Lidia, protestante et Giuseppe, juif triestin professeur d’anatomie, les parents de la jeune Natalia, Gino, Alberto et Paola ses frères et sa sœur, Cesare Pavese, Italo Calvino, et tous les autres… Et au milieu d’eux, à une place invisible et dans son regard prégnant, il y a Natalia, appelée du nom de l’héroïne de Guerre et Paix de Tolstoï. Un destin déjà à la fois littéraire et certainement à conquérir, en s’affranchissant dans la littérature de toutes les places assignées. Natalia garde le nom de son mari mort assassiné par les nazis pendant la guerre, Leone Ginzburg, juif d’Odessa, Italien, puis apatride. Elle fait de ce patronyme un nom définitivement italien, et entremêle les destins dans une œuvre où l’absence de ceux que l’on aime est défiée par l’autre vie : Le souvenir.
Lectures des textes de Natalia Ginzburg issus des recueils : La route qui mène à la ville (1942 sous le nom d’Alessandra Tornimparte, 1945 sous son nom), Les mots de la tribu (1963), Les petites vertus (écrit entre 1943 et 1962) par Daniela de Felice et Angelique Cavallari
Bibliographie sélective
Natalia Ginzburg :
- L’œuvre de Natalia Ginzburg, en français, est publiée aux éditions Liana Levi, Ypsilon et Grasset
- Ne me demande jamais est prévu à la publication aux éditions Ypsilon dans la traduction de Muriel Morelli, courant 2024
Autres auteurs :
- La corsara. Ritratto di Natalia Ginzburg, Sandra Petrignani (Neri Pozza, 2018)
- Natalia Ginzburg. Pour un portrait de la tribu, Domenico Scarpa (LICP, collection Instituto Itali, 2010)
- Natalia Ginzburg. Eine Biografie, Maya Pflug (Verlag Klaus Wagenbach, 2011)
- Leone Ginzburg. Un intellectuel contre le fascisme, Florence Mauro (Creaphis, collection poche, 2022)
Sie können die Sendung, die am 3.6.2023 veröffentlicht wurde, über die Seite des Podcasts nachhören oder als Audiodatei herunterladen.